Alain, LMA, promotion 2012

Quel est votre cursus ?
Après avoir obtenu une maîtrise  en génie mécanique, j’ai travaillé dans un centre de formation pour les apprentis qui préparent le BTS. J’ai enseigné les sciences physiques et la mécanique appliquée pendant près de 10 ans. En septembre 2011, j’ai obtenu un an de Congé Individuel de Formation (CIF) pour préparer le master professionnel de physique en Développement Instrumental pour les Micro et Nanotechnologies (DIMN). J’ai suivi la formation à l’université Lyon1 et j’ai effectué mon stage de formation au CEA, dans le laboratoire d’électronique et technologies de l’information (LETI). Au cours des 6 mois de stage, j’ai évolué en environnement « salle blanche » et travaillé au développement d’un procédé de polissage sec des plaquettes de silicium 200 et 300 mm. Depuis septembre 2012, j’ai repris mon métier de formateur, j’ai réintégré le centre de formation et j’ai retrouvé mes apprentis… jusqu’à aujourd’hui…


Quelles compétences et connaissances avez-vous acquises dans le cadre du master DIMN ?
Au cours de ma formation, j’ai acquis l’essentiel des connaissances dans les méthodes d’élaboration et de caractérisation des composants aux échelles submicroniques, ainsi que dans les outils technologiques associés. J’ai acquis des compétences dans la technologie du vide, dans les procédés de dépôt sous vide, les procédés CVD, PVD, PLD. J’ai acquis une première expérience dans les méthodes de caractérisation optique (interférométrie, spectroscopie et diffraction X), mais aussi en microscopie électronique,  microscopie à champ proche, à force atomique et à effet tunnel. Enfin, à travers le projet et le stage, j’ai expérimenté le travail d’équipe, l’exigence de la communication, des objectifs et des délais.


Quel est votre fonction actuelle, en quoi consiste votre mission ?
Aujourd’hui, j’ai quitté mon travail de formateur. J’ai obtenu un contrat de 3 ans avec le CNRS au Laboratoire des Matériaux Avancés et je prépare une thèse au plus près des compétences du master DIMN, sur l’élaboration de couches minces sur substrat de saphir pour des miroirs de Bragg de très grande dimension.


Quels conseils et recommandations feriez-vous aux candidats au master DIMN ?
Aujourd’hui dans mes recherches d’emploi, j’ai pu mesurer combien la conjoncture est difficile et le marché du travail défavorable. Quel que soit votre cursus universitaire, le choix du stage est la priorité absolue. C'est à travers le stage que s'ouvre à vous toutes les possibilités de carrière. Et vous serez d'autant plus à l'aise dans votre stage que vous aurez suivi une formation "professionnalisante". Le stage (ou l’alternance) est incontestablement le meilleur moyen d’intégrer le monde du travail et de trouver sa voie. Même si l’entreprise d’accueil ne peut pas systématiquement garantir une offre après le stage, il faut absolument se construire une expérience dans un domaine porteur. Bien sûr, il faut avant tout aimer ce que l’on fait. Le choix du stage conditionne à 80 % ce que l’on fera après, et certains masters professionnels vous préparent davantage à l'entrée en stage, et donc à la vie active. Il ne faut surtout pas dire : « je prends ce qui vient et on verra bien ». Votre parcours est unique et n’appartient qu’à vous. Personne ne peut faire le choix à votre place et comment pourrait-il le faire mieux que vous ? Une grande entreprise telle que STMicroelectronics peut vous prédisposer à une carrière à l’international, à condition de faire sa place. Une petite start-up favorise davantage la créativité et vous prédispose à la polyvalence dans l’étude et le développement. D'autres sociétés vous proposeront davantage un travail d'ingénierie alors que les laboratoires conduisent avant tout à la recherche. Si le master professionnel est un formidable outil pour entrer de plein pied dans les métiers à hautes technologies, il est à mon sens inadapté à la recherche fondamentale. (A ce titre, mon exemple personnel est si particulier qu’il n’est pas généralisable  :) ). Il ne faut pas perdre de vue les raisons pour lesquelles vous faites le choix raisonné d'intégrer un master à dimension professionnelle. Enfin, si vous aimez ce que vous faites et que vous savez pourquoi vous le faites, alors rien n’est plus simple que de le faire bien.